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Richesses Cadre de vie

En image : une journée de la vie en rue

Vécue et commentée par Sarah

2 juin 2016 Lucie Martin, Sarah

Pas de licence spécifique (droits par défaut)

Ce sont les photos d’un trajet quotidien, celui de Sarah, qui vit en rue depuis plusieurs années. Ou plutôt, des « arrêts sur image » dans le film de sa journée. On est loin des photos des personnes à la rue, mais on en sait un peu sur la pratique de la rue, et puis sur le regard de Sarah et les objets sur lesquels il porte.

Les photographies de Sarah ont été produites dans le cadre du projet Home Street Home. Home Street Home est un projet de l’asbl Diogènes (travail de rue avec les personnes sans-abri à Bruxelles). Conçu comme une réflexion multiforme qui interroge la place que nous réservons à ces « autres de la rue », Home Street Home a donné lieu à une exposition et une journée d’étude sur le thème « sans-abri et espaces publics » en mars 2014. Mais aussi, en décembre 2015, à un ouvrage de photographies, édité par ARP2. Cet ouvrage reprend les photographies de Sarah mais aussi celles d’Alves, André, Cop, Dennis, Jesus, Ongong et Pathé, tous habitants de la rue. Il est disponible en librairie et au siège de l’asbl. Plus d’infos : homestreethome.org.

Sarah nous en dit plus sur ses intentions :

Entretien avec Sarah
Pour télécharger le fichier audio :

C’est mon trajet usuel, ma vue, ma façon de voir. Le récit de ma journée. Mon chemin comme celui d’un autre. Sorte de reportage qui pourrait être celui de quelqu’un comme moi, dans cette condition de vie. Un cadrage sur mes pas. On peut être sans-abri, être dehors, on sait faire quelque chose, on sait s’occuper, s’exprimer, se servir de sa tête. C’est ça que je voulais montrer. On est pas des hommes vides.

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Au Samu avec ma voisine. Les murs en carton.

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Numéro de lit, pas de placard. La solution que tout le monde fuit.

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A la rue haute pour aller prendre un café à Nativitas, attendre 10h l’ouverture de Jamais Sans Toit.

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La grille du cpas, les mendiants. Derrière moi, il y avait des gens qui sont sans-abri, je les ai pas pris en photo.

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A Jamais Sans toit, quand j’arrive ici, avec le parc, pas très chic quand même. Ou beaucoup d’usagers viennent attendre l’ouverture du foyer.

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A l’entrée du foyer de jour, hobo, près du petit château, le repère, avec les gens qui attendent pour chercher du travail, à l’espace de parole sur les bâtiments vides, faut pas croire, on se bouge, on est concerné.

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On est pas là à attendre, à se morfondre, à broyer du noir. Le mardi, sur la pauvreté, la difficulté de se loger. On cherche des solutions, on parle de tout le monde, des gens qui ont accès au cpas, des autres.

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Il y a des ateliers de cuisine, des ateliers créatifs, entre autres. On vient s’informer, chercher du travail...

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Porte de Halle, j’aime bien, c’est un endroit paisible, tu peux t’assoir tranquillement quand il fait beau, rien à voir avec l’autre parc à côté d’ici.

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La poste, « passez la porte, ça rapporte » ! Avec un pauvre type qui peut pas passer la porte, lui.

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Au Resto du coeur, un après midi, j’avais rendez-vous avec l’assistante sociale, c’était l’heure pour le repas du soir, l’information pour se chauffer, manger.

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A l’Avenue Louise. Même dans les quartiers chics on trouve des gens pauvres. Ou il y a les enfants. Les boutiques. J’aime bien flâner, regarder.

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Sur le petit objet jaune, c’est la place d’un sans abri, je le connais pas mais tout le monde le connait, c’est sa place à lui. Il est là tous les jours, sauf ce jour là, il pleuvait.

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Je suis près du métro Louise, je marche. J’y passe à pied pour aller manger à Malibran. Ça peut me concerner moi, comme ça peut en concerner beaucoup d’autres. Ce contraste richesse/pauvreté au sein de la même journée.

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Sarah.